BUS & CARS    LE MARCHE FRANCAIS ET L'INDUSTRIE

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La France, premier marché européen, en fort recul

Au terme des deux premiers quadrimestres de l’exercice 2014, la France enregistre un total de 3 964 immatriculations de Bus &Cars, en perte de 11,4 % sur la même période de l’année précédente. Elle conserve toutefois sa place de premier marché européen, devançant toujours l'Allemagne et le Royaume-Uni.

Dans le détail, ce sont les bus (937 véhicules) qui accusent la plus forte perte (- 17,4 %), les cars abandonnant moins que le marché général avec 3 019 ventes, soit une régression de 9,1 % seulement. Dans son commentaire, la CSIAM (Chambre Syndicale de l’Automobile et du Motocycle), l’organisation professionnelle qui regroupe toutes les marques étrangères présentes en France et qui publie ces résultats, souligne qu’il s’agit d’un « retournement du marché » dû en grande partie aux baisses des commandes des collectivités territoriales pour les bus des lignes scolaires. En effet, le brillant résultat de l’exercice 2013 avait pour cause principale les fortes immatriculations de bus urbains, minibus et autres véhicules interurbains, alors que les cars marquaient le pas.

Le bilan de ces 8 premiers mois ne constitue pas une surprise pour les acteurs de la filière. Ils avaient prévus que 2014 serait une année difficile en raison, notamment, des campagnes électorales pour les élections municipales et européennes, périodes durant lesquelles les décisions d’achat sont neutralisées. De plus, l’entrée en vigueur des normes Euro VI - comme pour les camions - ont singulièrement renchérit les tarifs. Enfin, les polémiques autour du diesel et des vieux bus urbains polluants, ainsi que les débats sur l’accès des cars de tourisme dans les centres ville, ne sont pas faits pour favoriser le renouvellement des parcs. Toutefois, le secteur du véhicule d’occasion gagne 6,2 % (4 307 transactions contre 4 053 sur la même période de 2013).

Si l’on considère les résultats par marque, précisons que deux grands groupes, l’italien Irisbus, rebaptisé Ivecobus en 2013, avec ses marques Irisbus - qui comprend aussi Karosa - et Iveco - qui regroupe Heuliez et Renault - ainsi que Evobus, de l’allemand Daimler, qui commercialise les marques Mercedes-Benz et Setra, dominent largement le marché français. Ou plutôt faudrait-il écrire "les" marchés, tant sont dissemblables celui des collectivités locales et territoriales pour les autobus urbains et les cars scolaires et celui, plus traditionnel, des autocars de tourisme exploités par les entreprises de transport de voyageurs. Pour autant on voit émerger les turcs de Otokar, ou les marques asiatiques comme Yutong.

Le chiffre d'affaires de la distribution de bus et cars sur le territoire national avoisine un milliard et demi d'euros. Côté industriel, la France a produit 3 475 bus et autocars en 2011. Deux grands groupes sont implantés dans l’hexagone. Le plus important est Ivecobus, qui emploie 4 000 personnes sur notre territoire. Propriété de Fiat Industrial, le groupe exploite trois sites de production, à Annonay, en Ardèche, (1 000 emplois pour 1 400 VI par an dont 600 bus), à Rorthais, dans les Deux-Sèvres, (400 personnes pour 450 bus par an) et l'usine de Bourbon-Lancy, en Saône et Loire, qui fabrique des moteurs avec 1 400 salariés. L’allemand Evobus emploie quant à lui, 700 personnes en France, dont 400 dans son usine meusienne de Ligny-en- Barrois.

Quant au transport routier et urbain de voyageurs, sa contribution au PIB français était, en 2010, de 14,2 milliards d'euros, en hausse de 23 % par rapport à 2002, soit plus de la moitié du poids économique du transport routier de marchandises et deux fois plus que l’aérien ou le rail. En 2012, les ménages français ont dépensé 4,2 milliards en transport en commun par la route, hors bus urbains et taxis. Soit 50 % de mieux qu'en 2002.

Régies urbaines de transport, compagnies privées et entreprises artisanales, y compris RATP, mais hors taxis, employaient directement 200 000 personnes en 2011, soit 30 000 de plus qu'en 2001. A ces chiffres, il faut ajouter des dizaines de milliers d'emplois indirects dans la distribution, la maintenance-réparation et la gestion, qui sont souvent partagés avec le TRM. Comme le transport de marchandises, le secteur du transport de voyageurs peine à recruter. La Fédération Nationale du Transport de Voyageurs (FNTV) estime à 11 000 le nombre de postes à pourvoir en 2013/2014, principalement des conducteurs, mais aussi des mécaniciens et des personnels administratifs et commerciaux.

Les récentes annonces du gouvernement français en matière de libéralisation des professions reglementées, devraient impacter fortement dès l’année prochaine l’univers des Bus & Cars. En effet, il est décidé de libéraliser le marché de l’autocar longue distance et de favoriser une offre low cost d’un transport interrégional de voyageurs, sur 200 km minimum. But avoué par le nouveau ministre, Emmanuel Macron, relancer la croissance française et passer, à terme, de 110 000 voyageurs en 2013 à près de 5 millions d’usagers dans les prochaines années avec, à la clé, 10 000 emplois créés et la restitution aux français de 700 millions d’Euros de pouvoir d’achat !

L’exemple de l’Allemagne, qui a procédé dès l’année dernière à cette libéralisation est éloquent : 800 000 voyageurs en 2013, soit 180 % de fréquentation en plus par rapport à 2012 et un chiffre d’affaires de 160 millions d’Euros. Il en va de même du Royaume Uni, déréglementé depuis plus de 30 ans (30 millions d’usagers) et où la part de marché des autocars sur l’ensemble des trajets longue distance atteint 4 %. Notre pays devrait donc rapidement voir la sienne, évaluée aujourd’hui à 0,0005 %, augmenter significativement ! Ces mesures pourraient également avoir un effet positif dès 2015 sur les ventes de véhicules neufs, devenus indispensables pour servir les nouvelles dessertes.


Sur les ventes et la production:
www.csiam.fr
www.ccfa.fr

Sur le rôle économique du TRV:
www.unionroutiere.fr
www.fntv.fr

Sur la presse professionnelle:
www.autocar-infos.com
www.busetcar.com

 

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